Ne pas se tromper de cible

La focalisation sur le réchauffement climatique risque de vouer à l’échec toute tentative de conférer au développement durable un caractère pérenne.

Car elle conduit à une impasse :

Parce le réchauffement climatique alors même que son origine anthropique n’est pas prouvée, éclipse les autres dimensions des enjeux environnementaux (déforestation, accès à l’eau, gestion des déchets urbains, etc.) ;

Et parce que les pays en développement qui sont désormais les principaux émetteurs n’accepteront pas de réduire dans l’urgence leur émissions au risque de brider leur développement économique.

La lutte contre le changement climatique : un coût faramineux

Le rapport STERN évalue entre 5 et 20 % du PIB mondial les coûts économiques et sociaux en cas d’action insuffisante pour lutter contre le changement climatique.

Ce rapport est dans le droit fil du catastrophisme du GIEC et s’inspire de la même philosophie : faire peur pour pousser à l’action.

Mais il prépare les esprits au coût de la lutte contre le réchauffement.

En 2009, l’Union Européenne estimait que les pays en développement auront besoin de 100 milliards d’euros par an d’ici à 2020 pour empêcher la température moyenne du globe d’augmenter de plus de 2°C (http://ec.europa.eu/news/environment/090910_fr.htm).

Les accords de Cancún (signés en 2010) prévoient un engagement de financement des pays développés qui contribueraient à hauteur de 100 milliards de dollars par an d’ici 2020 en financements nouveaux et additionnels.

Les 100 milliards de dollars des accords de Cancún ne couvrent qu’une partie du financement global nécessaire pour appuyer les pays en développement à réduire leurs émissions et à s’adapter aux impacts du changement climatique.

De plus, les financements climatiques devant être additionnels, ils devraient s’ajouter à l’aide publique au développement « classique » actuelle, ce qui reviendrait à au moins la doubler.

Dans son rapport publié le 5 décembre 2014, le Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE) estime que les coûts « pourraient atteindre 150 milliards de dollars par an en 2025-2030 et 250 à 500 milliards en 2050″…Ils pourraient être encore plus élevés si l’objectif de limiter la hausse de la température globale à 2 °C n’était pas respecté.

A supposer que la communauté internationale soit prête à investir de telles sommes d’argent, on peine à imaginer le dispositif bureaucratique qu’il faudrait mettre en place pour évaluer les besoins, allouer les fonds et contrôler leur utilisation.

On devine en revanche les risques de détournement, les immenses gaspillages de fonds investis dans des projets à l’opportunité douteuse, et les effets d’aubaine des entreprises qui opéreront dans le juteux business du Climate Change.

Il n’y aura pas de nouvel accord de Kyoto

Les accords de Kyoto (qui visait une réduction des émissions entre 2008 et 2012 de 5,2 % par rapport au niveau de 1990) ont échoué.

Le dernier sommet climatique de Doha en décembre 2012 a prouvé que, hormis les pays de l’Union Européenne (qui ne représentent que 15% des émissions mondiales) aucun pays ne voudra s’engager dans un accord de Kyoto-bis.

Le Japon le Canada, la Russie et les Etats-Unis ont déjà annoncé qu’ils ne s’engageraient pas dans un nouvel accord.

Quant aux principaux pays en développement émetteurs (Chine, inde), dont l’économie est basée sur le charbon, il est douteux qu’ils acceptent de prendre des engagements précis de réduction de gaz à effet de serre, qui brideraient leur économie.

Quatre cents millions d’Indiens n’ont toujours pas accès à l’électricité : comment pourraient-ils réduire des émissions qu’ils ne font pas. Les émissions du Brésil, de l’Indonésie et du reste du monde émergent vont également progresser du fait des projets en cours de réalisation, car c’est la condition de la sortie de la pauvreté de leur population.

En 1990, les pays dits développés représentaient 62% des émissions de CO2 mais ne totalisent aujourd’hui plus que 36%.

En 2013, les émissions de CO2 ont été principalement dues à la Chine (28%), aux Etats-Unis (14%), à l’UE (10%) et à l’Inde (7%), selon le dernier rapport du Global Carbon Project.

Nous sommes donc dans une impasse que la conférence climat de Lima a révélé et que la conférence de Paris en 2015 ne manquera pas de confirmer.

Le nucléaire est en embuscade

Le changement climatique sauvera-t-il le nucléaire ?

L’obsession des gaz à effet de serre finira par imposer le nucléaire comme une énergie propre.

Dans une lettre ouverte diffusée par la presse américaine le 3 novembre 2013 4 chercheurs américains spécialistes du climat et de l’environnement (Ken Caldeira, Kerry Emanuel, James Hansen et Tom Wigley) estiment que la limitation du réchauffement climatique ne pourra être obtenue sans le nucléaire.

 « il n’y a pas de chemin crédible vers la stabilisation du climat qui n’inclurait pas une part substantielle d’énergie nucléaire »

(there is no credible path to climate stabilization that does not include a substantial role for nuclear power).

Luc Oursel Président du Directoire d’AREVA confronté à un débat avec Corinne Lepage en juillet 2014 :

La production d’électricité va donc considérablement augmenter au niveau mondial dans les années à venir et la capacité nucléaire installée va croître de l’ordre de 50% d’ici 2035, d’après les estimations de l’AIE (l’Agence internationale de l’énergie)…

 …Soixante-douze réacteurs sont en construction dans le monde. Rien qu’aux Etats-Unis, quatre chantiers de centrales nucléaires viennent de démarrer et cela montre bien que, en complément d’autres énergies, comme le gaz de schiste ou le renouvelable, le nucléaire a bien sa place.

Déconnecter la transition énergétique du réchauffement climatique

Le climat d’anxiété créé par les prévisions catastrophiques ne crée pas les conditions d’un débat démocratique serein sur les révisions importantes que nous devons apporter à notre organisation collective pour changer de modèle de développement.

ll est vital que les dirigeants politiques ne laissent pas le GIEC dicter leur agenda et reprennent le contrôle de la situation.

Les dirigeants doivent réaffirmer la nécessité d’une transition énergétique et fixent des objectifs dissociés de la problématique du réchauffement climatique.

Toute action dans l’urgence est vouée à l’échec sauf à déstabiliser totalement l’économie mondiale et à créer de graves tensions entre pays riches et pays en développement : il faut mettre fin à l’état d’urgence climatique décrétée par le GIEC.

Comme l’écrit Jacques Teissier dans Médiapart (http://blogs.mediapart.fr/blog/jacques-teissier/251113/giec-rechauffement-climatique-et-conspirationnisme) :

« En déconnectant le nécessaire remplacement des énergies fossiles par des énergies renouvelables de la question du réchauffement climatique, le débat redeviendrait alors possible. Les travaux des climatologues ne seraient plus sujets à des polémiques sans fin mais seraient soumis aux mêmes règles que les travaux des autres scientifiques : les résultats publiés seraient inquiétants ou rassurants pour l’avenir de la planète, mais ils seraient discutés scientifiquement, sans passion excessive, et nous éviterions ce déferlement médiatique. »

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Le cahier des charges du GIEC, vice originel  – La planète se réchauffe t-elle ? –  Ce qui est établi, ce qui reste incertain – Climato sceptique ou GIECO sceptique ? – Des causes naturelles sous estimées– Réflexion sur la complexité  – Peux t-on faire confier l’avenir à des modèles ? — Une nouvelle doxa – La transition énergétique : ne pas se tromper de cible

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