Niveau des mers

(Page mise à jour le 13 janvier 2015)

Le niveau des mers est le meilleur intégrateur mondial des variations climatiques.

Depuis 1992 sa mesure est désormais très précise grâce aux satellites altimétriques Topex-Poseidon et Jason qui fournissent des résultats pour l’ensemble du globe.

Trois mécanismes contribuent à l’accroissement du niveau des mers :

  • l’un est le changement de température, qui provoque une dilatation du volume d‘eau (effet stérique) par suite de la variation de sa densité causée par des variations de la température et de la salinité ;
  • l’autre est une modification de la masse de l’eau résultant d’échanges d’eau avec les autres réservoirs (atmosphère, glaciers de montagne, calottes polaires) ;
  • le dernier résulte des autres échanges avec les stocks d’eau continentale (barrages, pompage des eaux souterraines) dont la contribution à l’élévation du niveau de la mer est non négligeable.

Quelle élévation du niveau des mers ?

+1,8 mm/an entre 1950 et 2000

Grâce à de nouvelles données publiées récemment sur les variations de température de l’océan au cours des 50 dernières années, et sur les bilans de masse des glaciers de montagne et des calottes polaires, les chercheurs du LEGOS (Laboratoire d’Etudes en Géophysique et Océanographie Spatiales) ont estimé l’élévation du niveau des mers pour la période 1950-2000 à 1,8 mm :

  • le réchauffement des océans expliquerait 0.4 mm par an sur (soit 25% des 1,8 mm) ;
  • La fonte des glaciers de montagne, du Groenland et de l’Antarctique contribuerait, quant à elle, à 1 mm par an ;
  • d’où un total de l’ordre de 1.4 mm par an pour les contributions climatiques.

( Source : http://www.legos.obs-mip.fr/produits/grand-public/les-principaux-produits/sealevel).

+ 3 mm par an entre 1992 et 2005

Les observations des satellites altimétriques Topex-Poseidon, indiqueraient pour la période  1993-2004, une élévation du niveau moyen global de la mer de près de 3 mm par an .

Alors que l’apport d’eau à l’océan venant de la fonte des glaces continentales est sensiblement identique à l’estimation des dernières décennies, la contribution de l’expansion thermique (due au réchauffement de l’océan) aurait triplé (1.6 mm par pour la période 1993-2003, soit une contribution de 60%).

Décélération depuis 2000-2003 ?

L’analyse récente des données de température in situ (avec une contribution très forte des données du réseau ARGO[1]) a fait état un refroidissement de l’océan depuis début 2003.

Il en résulterait une décélération de la hausse du niveau des océans.

Anny Cazenave [2](experte mondialement reconnue du domaine) et ses collègues ont récemment réévalué les données spatiales d’altimétrie et constaté que depuis 2003 le taux de montée du niveau des mers a baissé.

En 2007 Carl Wunsh[3], intégrant toutes les données disponibles réduit la pente de la courbe de montée du niveau des mers d’un facteur 2 (1,6 mm/an, soit 15 cm par siècle).

L’impact des évènements ENSO (El Niño et la Nina)

Dans un article publié en avril 2014 dans Nature Climate Change, une équipe regroupant des chercheurs du LEGOS (Observatoire Midi-Pyrénées), du CNRM (CNRS, Météo-France) et du MIO (Université de Aix-Marseille et Toulon) a montré que les différences de hausse du niveau de la mer entre les années 1990 et 2000 résultent essentiellement de la variabilité climatique interne et plus particulièrement de l’impact des évènements ENSO (El Niño et la Nina).

(Source : http://www.nature.com/nclimate/journal/v4/n5/full/nclimate2159.html)

Anomalies de chaleur contenue dans la couche superficielle de 700 m des océans

L’analyse du contenu de chaleur dans la couche 0-700 mètres (OHC – Ocean Heat Content) est en quasi-stagnation depuis 2004.

OHCA_curve_2013

 Source NOAA ( http://oceans.pmel.noaa.gov/)

[1] Au cours de l’année 2007, la communauté scientifique a été informée de problèmes instrumentaux sur les bouées ARGO produisant un ‘refroidissement artificiel’ de l’océan Atlantique pour les années récentes.

De nouvelles estimations basées sur les données ARGO corrigées ne montrent plus de refroidissement de l’océan mais plutôt un pallier pour les années récentes.

[2] Annie Cazenave Chercheuse au Laboratoire d’études en géophysique et océanographie spatiales à Toulouse, elle a été élue à l’Académie des sciences en 2004 au poste de climatologie.

[3] Carl Wunsch, Professeur d’Oceanographie au MIT (Massachusetts Institute of Technology), jusqu’à son départ à la retraite en 2013

 

 

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