La Grande Barrière de corail n’est pas en voie de disparition

Résumé

La Grande Barrière de Corail connaît depuis l’été 2015 un intense épisode de blanchiment qualifié par la NOAA de 3ème événement de blanchiment global. Le Réchauffement Climatique Anthropique mis en cause, certains scientifiques allant jusqu’à prédire une disparition totale des coraux avant la fin du siècle. La thèse du réchauffement climatique est doublement spécieuse : d’une parce que le blanchiment de l’été 2015 comme ceux qui l’ont précédé (1998 et 2002) sont liés à des événements Niño qui pour avoir été intenses n’en sont pas moins des événements climatiques naturels ; d’autre part parce que le blanchiment n’est pas et de loin la première cause de mortalité du corail arrivant loin derrière les cyclones et la prédation des étoiles de mer. Cet épisode de blanchiment survient au moment où se manifeste en Australie une vive opposition au projet d’extension du  port Abbot Point qui deviendrait ainsi le plus grand port charbonnier du monde.

En octobre 2015 l’agence américaine NOAA (National Oceanic and Atmospheric Administration) annonçait  le 3ème événement de blanchiment global des coraux[1]. Information confirmée  le 20 avril 2016 par un communiqué de presse de l’université australienne James Cook à Townsville (Etat du Queensland) qui déclarait : seul  7% de la grande barrière de corail a évité le blanchiment[2]La machine alarmiste s’est aussitôt emballée dans la presse. Le Monde du  20 avril titrait :  En Australie, 93 % de la Grande Barrière de corail a blanchi[3], puis le 2 mai : Australie : la Grande Barrière de corail pourrait disparaître[4]Une partie de la communauté scientifiques orchestre cette campagne alarmiste. Ainsi le CRIOBE (Centre de recherche insulaire et observatoire de l’environnement[5]) s’appuyant sur les prévisions de réchauffement du GIEC faisait dès 2013 cette prévision « alarmante » : en 2040, si rien n’est fait pour enrayer la hausse des températures atmosphériques, les ¾ des récifs coralliens de la planète subiront des phénomènes de blanchiment au moins une fois par an ; en 2056, c’est la totalité des récifs qui seront concernés »Ove Hoegh-Guldberg, Directeur du Global Change Institute (Université de Queensland à Brisbane en Australie), déclarait en mars 2016 dans Sciencesmag [6]: les récifs coralliens auront entièrement disparu en 2040. L’alarmisme a pris une telle ampleur que l’ AIMS (Australian Institute of marine Sciences) a cru bon de publier le 03 juin 2016 un communiqué[7] indiquant que globalement les trois quarts du corail de la Grande Barrière ont survécu au blanchiment.

Pourquoi le corail blanchit ?

Les coraux sont des animaux dénués de système nerveux appartenant au même embranchement que les méduses ; ils sont parmi les plus anciens à vivre sur terre. Le blanchiment se produit lorsque la température de l’eau dépasse 30 °C durant deux à quatre semaines consécutives. Cela crée un stress qui provoque l’ expulsion des micro-algues (les zooxanthelles) avec lesquels le corail vit en symbiose, le nourrissant et lui donnant sa couleur. Le corail perd donc sa coloration et devient transparent, on ne voit donc plus que son squelette calcaire. A ce stade, le corail blanchi est « affamé » mais n’est pas mort. Une partie du corail peut s’affaiblir au point de mourir, tandis qu’une autre partie peut recapturer des micro-algues et repartir. La mortalité est fonction de la durée de la hausse de température.

Le blanchiment n’est pas un phénomène récent

Il n’y a pas de données scientifiques sur l’historique des blanchiment des coraux avant 1980. Certains scientifiques suggèrent pourtant que le blanchiment est un phénomène récent lié au réchauffement global. On peut en douter : le fait que le corail ait prospéré au cours de l’ Optimum de l’Holocène [8] (période située  entre les 9000 et les 5000 dernières années) tend à montrer que le corail a pu s’adapter à des températures plus chaudes que celle que nous connaissons aujourd’hui. Une étude [9]de juillet 2014 montre des périodes de stress et de mortalité des coraux environ tous les 50 ans pendant l’Holocène. Il y a mille ans au cours de la période chaude médiévale, le corail a prospéré dans des eaux du Pacifique qui étaient environ 0,65 ° plus chaudes  que celles observées pendant les dernières décennies, puis a refroidi d’environ 0,9 ° C dans les années 1700. Dishon a publié en 2015 une étude [10]qui tente de reconstituer un historique des événement de blanchiment à l’aide d’un proxy isotopique et montre que le blanchiment n’est pas un phénomène exclusivement « moderne »; G. Dishon  a détecté des événements de blanchiment soutenus pendant les années  1920 à 1940. Dans la période récente le GBRMPA (Great Barrier Reef Marine Park Authority) dénombre sept épisodes de blanchiment de masse sur la Grande Barrière de Corail, les trois majeurs s’étant produit lors des saisons d’été de 1981/82, 1997/98 et 2001/02, coïncidant avec des événements El Nino sévères (notamment en 1997/98). Le blanchiment de masse des années 1997/98 a été extraordinairement étendu : il a touché les récifs dans plus de 50 pays dans le Pacifique et l’océan Indien, la mer Rouge et dans les Caraïbes, et même les coraux situés dans les hautes latitudes (golfe Persique). En 1998 50% des récifs de la Grande Barrière de Corail ont été affectés, 60% en  2002.  Lors de ces deux événements,  environ 5% des récifs coralliens a été gravement endommagé.

corail blanchiment et mortalité

Source GBRMPA[11] (Great Barrier Reef Marine Park Authority)

Avant 2015/16, l’état de la Grande Barrière de corail s’améliorait

Les graphiques ci-dessous ont été établis par l’AIMS[12](Australian Institute of Marine Science) : ils montrent l’évolution de la couverture corallienne sur la période 1985-2015. On voit que celle-ci a été réduite de moitié entre  1985 et 2010 mais a globalement progressé à partir de 2010. Les évolutions sont contrastées selon les régions : stabilité au Nord jusqu’en 2010 (qui est la partie du récif que l’éloignement a longtemps protégé de la pression des activités humaines),  régression dans la partie centrale et dans le sud. Inversion de tendance entre 2010 et 2015 : la couverture a sensiblement régressé au Nord mais s’est améliorée au centre et surtout dans le sud. L’AIMS explique  la régression au  Nord par un cyclone intense (un second cyclone a eu lieu après l’enquête la plus récente) et une activité renouvelée des étoiles de mer dans la région.

Evolution corail

Evolution de la couverture de corail (et intervalles de confiance> +/- 95%) pour l’ensemble du GBR et pour le Nord, centrale et les régions du Sud (source  Australian Institute of Marine Science- http://www.aims.gov.au/-/05-april-condition-of-great-barrier-reef-corals-before-the-mass-bleaching-event-in-2016)

En 2016 c’est le Nord de la grande barrière qui est le plus sévèrement touché

L’ARC Centre of Excellence for Coral Reef Studies qui dépend de l’université James Cook a fait paraître le 20 avril 2016 un communiqué[13] indiquant que 70% de la grande barrière avait échappé au blanchiment précisant que le blanchiment a été extrême dans la région des 1.000 km au nord de Port Douglas jusqu’au nord du détroit de Torres entre l’Australie et la Papouasie-Nouvelle-Guinée qui est la partie du récif que l’éloignement avait protégé de la plupart des pressions humaines. En revanche, dans la bande centrale de 600km de la Grande Barrière de Corail, entre Cairns et Mackay, le blanchiment est faible à modéré. Les récifs plus au sud ont été épargnés parce que les températures de l’eau étaient dans cette zone proches des conditions estivales normales au cours des derniers mois. Le tiers sud de la Grande barrière a été refroidi en fin l’été par une période de temps nuageux causé par l’ex-cyclone Winston, après son passage sur les îles Fidji.

blanchiment 2015

ARC Centre of Excellence for Coral Reef Studies (James Cook University)

En juin 2016, l’AIMS [14] (Australian Institute of Marine Science) a produit des résultats provisoires sur la mortalité des coraux de la grande barrière après la période de blanchiment. Russell Reichelt directeur du GBRMPA (Great Barrier Reef Marine Park Authority) précise avoir décidé de publier des résultats provisoires avant la réalisation définitive des enquêtes en raison de fausses allégations qui circulaient (dans la presse et certaines rapports scientifiques) selon lesquelles une grande partie du récif serait mort.

Cette évaluation provisoire de la perte de corail moyenne par zone donne les résultats suivants :

  • 50% dans le Nord Extrême (de la pointe du Cap York, juste au nord de l’île Lizard)
  • 16% dans la zone de gestion de Cairns-Cooktown (Lizard Island à Tully). Les enquêtes autour de l’île Lizard ont été menées en Mars mais des rapports plus récents indiquent que les niveaux de mortalité sont susceptibles d’être plus élevé dans cette zone
  • 3% dans la zone de Townsville (Tully à Mackay)
  • 0% dans la zone de Capricorne Mackay (Mackay à Bundaberg).

Corail 2016 mortalité

C’est donc la partie sud du récif  qui a connu une augmentation substantielle de sa couverture corallienne dans des dernières années qui est la moins affectée. Une autre série d’enquêtes sera réalisée entre  Août et Octobre 2016, avant qu’une évaluation définitive du taux de survie soit publiée. Russell Reichelt  directeur du GBRMPA a conclu ce communiqué par ces paroles plutôt encourageantes :

« Nous savons que La Grande barrière de corail, qui est plus grande que l’Italie, est toujours résiliente et garde la possibilité de récupérer de ces événements majeurs, si assez de temps lui est donnée…cette résistance sous-jacente a permis que la couverture corallienne augmente de 19%  dans le parc marin entre 2012 et 2015, et presque doublé dans le secteur sud grâce à une récupération précoce des cyclones et des inondations ».

El Niño, principal moteur du blanchiment

El Niño [15]est un phénomène climatique qui se manifeste par des températures anormalement élevées de l’eau dans la partie Est de l’océan Pacifique Sud. Le phénomène se répète tous les 5 à 7 ans avec des intensités variables. De rapides variations de température dues à des événements El Niño ont eu lieu au cours des 10.000 dernières années (Zhang 2014 [16]). La plupart des espèces de corail vivant ont survécu aux  El Niño extrêmes des 3000 dernières années, y compris pendant le petit âge glaciaire. Pour survivre aux extrêmes de la variabilité naturelle du passé, les espèces de corail ont dû se montrer extrêmement résiliente d’une manière qui commence tout juste a être comprise.

Le lien entre le blanchiment des coraux et le système El Niño est bien établi : Serge Planes, Directeur de Recherche au CNRS le disait récemment à l’Express [17] : El Niño est le principal moteur du blanchiment. Tous les événements de blanchiment récents ont été provoqués par des événements El Niño. En 1998, El Niño a causé une mortalité généralisée estimée à 16% au niveau mondial. Cependant des études [18]montent que la relation entre la température des océans et le blanchiment est complexe : la mortalité ne se produit pas toujours pendant les périodes où  les températures sont les plus élevées, mais pendant l’hiver découlant des conditions La Nina froides. Ces observations suggèrent que les fluctuations rapides entre eaux anormalement chaudes El Niño et eaux anormalement froides La Nina sont le facteur le plus stressant.

Le graphique ci-dessous  (établi par Cook Islands biodiversity and natural heritage[19]) montre les principaux événements de blanchiment de 1980 à 1998 pour les îles de la Société (la situation est probablement très similaire dans les îles Cook du Sud). Les épisodes de blanchiment sont présentés par des flèches pointant vers le haut. Le graphique fait apparaître  que les cinq principaux épisodes de blanchiment suivent les cinq principaux événements El Niño .

Blanchiment et El nino

Cook Islands biodiversity and natural heritage

Mais les événements de blanchiment à grande échelle ne coïncident pas nécessairement avec les grands événements El Niño ou La Niña. Le plus grand événement de blanchiment enregistré dans les Caraïbes a eu lieu en 2005, suite à un El Niño, plutôt faible.  En 2006 qui n’a pas été une année El Niño, un blanchiment massif des coraux s’est produit sur la Grande barrière de corail. Un blanchiment de masse a eu lieu dans plusieurs pays des Caraïbes en  2005 et 2006. En revanche le El Niño  de 2010 a épargné la Grande Barrière en raison de tempêtes qui ont soulagé le stress provoqué par la chaleur.

Le blanchiment peut aussi résulter du froid

Les hivers froids [20] ou les eaux refroidies par La Nina sont également à l’origine du blanchiment. La vague de froid de Janvier 2010 [21] a provoqué le pire épisode de blanchiment et de mortalité des coraux pour le récif de Floride [22] depuis les années 1970. Pendant l’hiver 2010 il a été rapporté un taux de mortalité moyen des coraux pour toutes les espèces et sous-régions de 11,5%, à comparer aux 0,5% enregistré au cours des cinq étés précédents, y compris l’année 2005, où le blanchiment dû aux eaux chaudes avait prévalu. Globalement, il a eu une augmentation observée des événements de blanchiment du au froid et 2010 a été le premier blanchiment du au froid en Floride [23].

Le blanchiment n’est pas  la principale cause de la dégradation des récifs coralliens

Les cyclones et les étoiles de mer principaux responsables de la mort des coraux

Une étude publiée en 2012 [24] a identifié les causes de la perte de la couverture corallienne de la grande barrière sur une période de 27 ans (entre 1985 et 2012). Elle montre une baisse importante de la couverture corallienne (de 28,0% à 13,8%) soit une perte de 50,7 % de la couverture initiale. Les causes identifiées sont Les cyclones tropicaux (48%), la prédation du corail par les étoiles de mer acanthaster [25] (42%) et le blanchiment (10%). L’étude relève que le nord de la barrière à l’écart des activités humaines n’a montré aucune baisse globale, du moins jusqu’en 2012. Selon l’AIMS (Australian Institute of Marine science),  le cyclone Hamish [26] qui en 2009 a parcouru la barrière longitudinalement sur une partie substantielle de la longueur de la barrière (au lieu de la traverser) a causé des dommages variables réduisant en certains endroits la couverture corallienne de 70% à 10%. Dans la Grande Barrière de Corail [27] l’explosion du nombre d’étoiles de mer mangeuse de corail (A. planci [28]) s’explique par l’afflux de nutriments dû à l’agriculture, au ruissellement des eaux usées qui augmente la floraison du plancton dont leurs larves se nourrissent. Les activités humaines favorisent ainsi la prolifération des étoiles de mer dont l’action destructrice s’ajoutent à de la pêche à la dynamite et au cyanure.

La maladie « White band »

Les étoiles de mer n’existent pas dans les Caraïbes. Mais il existe une maladie bactérienne propagée par les escargots de mer mangeurs de corail, dite « white band desease [29]« . Dans les Caraïbes la  maladie « White Band » a été la cause principale de la perte des récifs en 1981-82 réduisant de 80% leur couverture. Cependant, depuis le milieu des années 80 les experts rapportent une couverture corallienne qui a relativement peu changé.

Des causes multifactorielles

Le blanchiment peut être induit par des interactions stressantes entre les températures, les maladies, de fortes pluies, un haute niveau d’irradiance par ciel clair et la concurrence avec les algues marines. Si la plupart des événements de blanchiment extrêmes sont associés à El Niño, la mortalité n’est pas une fonction directe des températures : les inondations et les fortes précipitations associées, le changement de salinité perturbe l’osmose du corail, pouvant entraîner sa mort. Les tempêtes tropicales, l’action des vagues, les fortes pluies et les inondations qu’elles provoquent sont une cause majeure de la perte des récifs coralliens.

Les coraux à l’écart des activités humaines résistent mieux

Il est significatif que c’est dans la partie Nord de la grande barrière, à l’écart de la pression des activités humaines que la couverture corallienne est restée la plus stable, du moins jusqu’en 2010. Un étude de  2016 [30] a analysé les conséquences sur  la clarté de l’eau des déversements de rivières sur le plateau continental de la grande barrière de corail entre 2002 et 2013. La clarté de l’eau est en effet un facteur clé pour la santé des écosystèmes marins. Or 35 grands cours d’eau saisonniers se déversent dans les 344.000 km2 du plateau continental sur lequel la grande barrière est située la grande barrière de corail. Une baisse de la salinité due à un excès d’eau douce, des ruissellements de sédiments ou de polluants (engrais, pesticides) sont aussi des facteurs de stress provoquant le blanchiment. Selon Serge Planes [31], dans les zones où l’on a des densités de populations humaines importantes, on peut envisager des récifs morts, complètement détruits. La présence humaine a une influence sur les usages directs du récif (pêche, dragage, aménagements…), sans oublier les conséquences des usages du littoral (agriculture, sédimentation, pesticides, etc.). Une étude de mars 2016 [32] qui analyse les données recueillies pendant les 10 dernières années dans 56 îles couvrant 5 archipels du Pacifique central montre que les impacts humains sont décisifs dans la réduction des coraux.

La résilience du corail

Pour comprendre la résilience des coraux face à la variété des attaques qu’ils subissent, les récifs coralliens doivent être considérés comme des systèmes dynamiques qui oscillent sur des périodes décennales, séculaires et millénaires. Des observations portant uniquement sur quelques années donne une mauvaise représentation de la résilience des coraux. La capacité à s’adapter rapidement à des environnements changeants en modifiant leurs partenariats symbiotiques a été la clé de leur succès pendant des millions d’années. La flexibilité de la symbiose corail-algues est susceptible d’être un facteur assurant le succès évolutif de ces organismes [33]. La communauté des symbiotes [34] comporte des centaines d’espèces  qui sont déjà adaptées à une grande variété de température, d’irradiance et de salinité dans différents microclimats au cours des derniers millions d’années. Le brassage et le déplacement des symbiotes est un chef-d’œuvre de l’évolution qui contourne le laborieux mécanisme de l’évolution et permet une adaptation immédiate.

La grande barrière de corail est-elle menacée par le charbon ?

Rappelons d’abord que le Queensland, Etat le long duquel s’étendent les 2 600 kilomètres de Barrière de corail produit 55 % du charbon utilisé par l’industrie de l’acier dans le monde. Le blanchiment 2015-2016 est survenu au moment où s’élève une vive opposition au projet d’extension du port d’Abbot Point pour lequel le gouvernement australien a donné le feu vert à la fin de l’année 2015 [35], Abbot Point devenant ainsi le plus grand port charbonnier du monde. Cette controverse a été marquée par une désinformation considérable comme l’explique dans un article publié par « The conversation [36] »  en mars 2014 Russell Reichelt Président du GBRMPA (Great Barrier Reef Marine Park Authority). Rappelant  que la plupart des 12 ports de la région existait bien avant que le parc marin ait été créé en 1975, et presque tous tombent à l’intérieur de la zone du patrimoine mondial, mais en dehors du parc lui-même, il conclut :

« Nous reconnaissons les risques environnementaux et nous avons fortement préconisé de limiter le développement des ports aux grands ports existants – tels que Abbot Point – par opposition au développement de nouveaux sites, vue partagée par le Comité du patrimoine mondial de l’UNESCO »

Les groupes environnementaux opposés à l’augmentation de l’exploitation minière et l’activité portuaire le long de la côte de récif on tenté de faire pression sur  le Comité du patrimoine mondial de l’UNESCO pour que le récif soit répertorié comme un site potentiel du patrimoine mondial en péril.

La Grande Barrière de Corail site du patrimoine mondial « en danger »

L’ACRS (Australian Coral Reef Society) qui se présente comme la plus ancienne organisation s’occupant de l’étude et de la conservation des récifs coralliens australiens a publié en mars 2015 un rapport [37] faisant le point de la situation créée par l’extension d’Abbot Point. L’ARCS est opposé au projet pointant les risques sur les coraux mais aussi sur les dugons dont le nombre aurait chuté de 3% depuis 1960, les dauphins, les tortues et les poissons. Les principaux impacts du projet sont le dragage et l’élimination des déblais correspondants, la pollution par les poussières de charbon et naturellement l’augmentation du trafic maritime qu’induira l’extension du port. La position de l’ARCS serait plus crédible si son rapport ne postulait pas que le principal défi auquel la Grande Barrière de Corail doit faire face est le réchauffement climatique, à travers 3 de ses conséquences supposées : l’augmentation de la fréquence des cyclones, la montée des eaux, et l’acidification des océans. D’autre part l’ARCS se « prend les pieds » dans ses propres arguments qui finalement se retournent contre lui. Il rappelle la principale recommandation faite par Comité du patrimoine mondial de l’UNESCO en 2012, à savoir qu’ aucune autorisation ne soit donnée au développement de nouvelles installations portuaires en dehors des sites existants et depuis longtemps établis, cette interdiction devant être maintenue jusqu’à ce qu’une évaluation stratégique ait été effectuée et qu’un plan a long terme soit soumis à la 39ème session du World Heritage Committee en 2015. Or le gouvernement australien a répondu aux recommandations du Comité du patrimoine mondial de l’UNESCO en lançant le plan « Reef 2050 [38] » qui définit le cadre général pour la protection et la gestion de la Grande Barrière de Corail de 2015 à 2050. Ce plan a été soumis à la 39e session du Comité du patrimoine mondial  de l’UNESCO [39] qui l’a validé.

la Grande Barrière de corail disparaît d’un rapport de l’ONU

L’Unesco a donc publié le 26 mai  2016 son rapport  «Patrimoine mondial et tourisme dans le contexte des changements climatiques » dans lequel aucune mention n’est faite de la Grande Barrière ce dont Le Monde [40] feint de s’étonnrer titrant dans son édition du 27 mai : « Quand la Grande Barrière de corail disparaît d’un rapport de l’ONU à la demande de l’Australie » suggérant que l’Australie a fait pression pour que la Grande Barrière ne soit pas mentionné dans le rapport de l’UNESCO. Selon le journal Australien The Guardian [41], un texte préparé par « des experts » devait être inséré dans le rapport de l’UNESCO mais en aurait été retiré à la demande du gouvernement australien. Il faut savoir que l’auteur principal de ce texte est Adam Markham, Directeur Adjoint « Climat et énergie » de l’Union des scientifiques inquiets (Union of Concerned Scientists [42]).

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Le Telegraph [43] du 13 juin 2016 indique que le nouveau premier ministre australien Malcolm Turnbull (arrivé au pouvoir en septembre 2015) a promis 500 millions de £ (1 milliard $) pour tenter de sauver la Grande Barrière menacée. Les fonds seront dépensés au cours des 10 prochaines années sur des projets visant à nettoyer l’eau et empêcher les polluants d’origine agricole et industriel d’atteindre le récif.

Une affaire à suivre…

[1] http://www.noaanews.noaa.gov/stories2015/100815-noaa-declares-third-ever-global-coral-bleaching-event.html
[2]https://www.jcu.edu.au/news/releases/2016/april/only-7-of-the-great-barrier-reef-has-avoided-coral-bleaching
[3] http://www.lemonde.fr/biodiversite/article/2016/04/20/en-australie-93-de-la-grande-barriere-de-corail-a-blanchi_4905329_1652692.html
[4] http://www.lemonde.fr/biodiversite/article/2016/05/02/australie-la-grande-barriere-de-corail-pourrait-disparaitre_4912072_1652692.html
[5] http://www.cnrs.fr/inee/communication/breves/planes.htm
[6] http://www.sciencemag.org/news/2016/03/el-ni-o-s-warmth-devastating-reefs-worldwide
[7] http://www.aims.gov.au/docs/media/latest-releases/-/asset_publisher/8Kfw/content/the-facts-on-great-barrier-reef-coral-mortality
[8] holocène optimum (https://en.wikipedia.org/wiki/Holocene_climatic_optimum)
[9]High-frequency winter cooling and reef coral mortality during the Holocene climatic optimum (http://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0012821X04002870)
[10]A novel paleo-bleaching proxy using boron isotopes and high-resolution laser ablation to reconstruct coral bleaching events (http://www.biogeosciences.net/12/5677/2015/)
[11] http://www.gbrmpa.gov.au/managing-the-reef/threats-to-the-reef/climate-change/what-does-this-mean-for-species/corals/what-is-coral-bleaching
[12] http://www.aims.gov.au/-/05-april-condition-of-great-barrier-reef-corals-before-the-mass-bleaching-event-in-2016
[13] https://www.coralcoe.org.au/media-releases/only-7-of-the-great-barrier-reef-has-avoided-coral-bleaching#
[14] http://www.aims.gov.au/docs/media/latest-releases/-/asset_publisher/8Kfw/content/the-facts-on-great-barrier-reef-coral-mortality
[15]http://ggweather.com/enso/oni.htm
[16] El Niño evolution during the Holocene revealed by a biomarker rain gauge in the Galápagos Islands
[17] http://www.lexpress.fr/actualite/societe/environnement/el-nino-est-le-principal-moteur-du-blanchissement-du-corail_1790637.html
[18] Regional coral responses to climate disturbances and warming is predicted by multivariate stress model and not temperature threshold metrics (http://link.springer.com/article/10.1007%2Fs10584-015-1399-x)
[19] http://cookislands.bishopmuseum.org/showarticle.asp?id=18
[20] Assessing Cold-Snap and Mortality Events in South Florida Coastal Ecosystems: Development of a Biological Cold Stress Index Using Satellite SST and Weather Pattern Forcing (https://www.researchgate.net/publication/269041808_Assessing_Cold-Snap_and_Mortality_Events_in_South_Florida_Coastal_Ecosystems_Development_of_a_Biological_Cold_Stress_Index_Using_Satellite_SST)_and_Weather_Pattern_Forcing
[21] Severe 2010 Cold-Water Event Caused Unprecedented Mortality to Corals of the Florida Reef Tract and Reversed Previous Survivorship Patterns (http://journals.plos.org/plosone/article?id=10.1371/journal.pone.0023047
[22] http://oceanservice.noaa.gov/news/weeklynews/mar10/cwcoral.html
[23] http://oceanservice.noaa.gov/news/weeklynews/mar10/cwcoral.html
[24] De’ath and al 2012 « The 27–year decline of coral cover on the Great Barrier Reef and its causes »  (http://www.pnas.org/content/109/44/17995.short)
[25] https://fr.wikipedia.org/wiki/Acanthaster
[26] http://www.aims.gov.au/docs/media/news2009/20090820.html
[27] Disturbance and the Dynamics of Coral Cover on the Great Barrier Reef (1995–2009) http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC3053361/
[28] https://fr.wikipedia.org/wiki/Acanthaster_planci
[29] https://en.wikipedia.org/wiki/White_band_disease
[30] http://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0272771416300634
[31] Serge Planes, Interview à l’express : http://www.lexpress.fr/actualite/societe/environnement/el-nino-est-le-principal-moteur-du-blanchissement-du-corail_1790637.html
[32] Re-evaluating the health of coral reef communities: baselines and evidence for human impacts across the central Pacific (https://scripps.ucsd.edu/labs/coralreefecology/wp-content/uploads/sites/84/2010/09/smith-et-al-2016.pdf)
[33] Climate change and coral reef bleaching: An ecological assessment of long-term impacts, recovery trends and future outlook (http://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0272771408003405)
[34] http://le-corail.weebly.com/la-symbiose–une-eacutetape-primordiale.html
[35] ABC, 23 décembre 2015 : Abbot Point: Federal Government approves huge coal port expansion near Great Barrier Reef (http://www.abc.net.au/news/2015-12-22/massive-abbot-point-coal-port-expansion-gets-federal-approval/7047380)
[36] The Conversation 02 mars 2014 (https://theconversation.com/lets-dump-great-barrier-reef-dredging-myths-authority-chief-22991)
[37] The austalian Coral Reef Society : the impacts of the abbot point port development on the outstanding universal value of the Great Barrier Reef world heritage area (mars 2015)
http://www.australiancoralreefsociety.org/c/document_library/get_file?uuid=e4c75a35-4edd-4567-8b44-cfea5b82e97b&groupId=10136
[38] The Reef 2050 Plan (http://www.environment.gov.au/marine/gbr/long-term-sustainability-planhttps://www.environment.gov.au/system/files/resources/d98b3e53-146b-4b9c-a84a-2a22454b9a83/files/reef-2050-long-term-sustainability-plan.pdf)
[39] http://whc.unesco.org/fr/sessions/39COM/
[40] Le Monde 27 mai 2016 (http://www.lemonde.fr/planete/article/2016/05/27/climat-l-australie-obtient-la-censure-d-un-rapport-de-l-onu_4927501_3244.html#Eey16S4xAdpIPD0v.99
[41] The Guardian 27 mai1016 ( https://www.theguardian.com/environment/2016/may/27/revealed-the-report-on-the-great-barrier-reef-that-australia-didnt-want-the-world-to-see)
[42] Union of concerned scientists : http://blog.ucsusa.org/adam-markham/australias-iconic-great-barrier-reef-world-heritage-site-at-risk-from-global-warming?_ga=1.71838295.554248257.1464305420
[43] The Telegraph 13 juin 2016 (http://www.telegraph.co.uk/news/2016/06/13/australian-prime-minister-unveils-500m-plan-to-save-the-great-ba/
[44]http://la1ere.francetvinfo.fr/nouvellecaledonie/en-australie-le-ton-monte-en-attendant-les-resultats-378007.html

 

 

 

https://www.franceculture.fr/player/export-reecouter?content=4ae5e4dc-6e9b-4162-8015-615516001c30

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Un commentaire pour La Grande Barrière de corail n’est pas en voie de disparition

  1. climarco dit :

    Bonjour,
    Merci pour cet article. Vous avez expliqué pourquoi le corail blanchit en période chaude, mais on n’a pas les explications dans le cas d’une période froide, pourtant vous dites que c’est possible ?

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