2014 sera t-elle l’année la plus chaude du 20ème siècle ?

Selon la NOAA (National Oceanic and Atmospheric Administration) septembre 2014 a été le mois de septembre le plus chaud enregistré avec une température de 0,72° au dessus de la moyenne du XXe siècle (15°).

Mettons les choses en perspective 

Rappelons qu’après l’optimum médieval (période pendant laquelle les températures étaient proches de celles que nous connaissons aujourd’hui), la terre a connu 4 siècles de fraîcheur (période connue sous le nom de petit âge glaciaire) et que depuis 1850 environ et tout au long du XX ème siècle,  la planète s’est réchauffée.

Rien d’étonnant dès lors à ce que les températures de la période récente soient plus élevées que les températures moyenne du XXème siècle qui récupérait du petit âge glaciaire (la NOAA, fait état d’une tendance séculaire de + 0,65 ° entre 1880 et 2014).

Rappelons aussi que depuis 1998 les températures de la planète (Terre et Océans) se sont stabilisées avec des fluctuations minimes d’une année sur l’autre, probablement liées aux alternances des épisodes El Niño/El nina.

Rappelons enfin l’imprécision des mesures de températures sur terre et encore plus sur mer (les relevés de température par satellite ne datent que de 1979) ; Edouard Bard de l’Académie des sciences, professeur titulaire de la chaire de l’évolution du climat et de l’océan au Collège de France, avocat convaincu du réchauffement anthropique indiquait récemment  à Libération (interview du 23 septembre 2013) :

Pour la période actuelle, l’évolution due à nos émissions de gaz à effet de serre est d’environ 0,1-0,2 °C par décennie sur la moyenne planétaire. Or, cette moyenne de température est estimée avec une précision d’environ… 0,1°C. Inutile donc d’ergoter sur le classement d’une année par rapport à la précédente ou de tirer une tendance climatique sur quelques années.

* *

 *

Non contente d’ergoter sur les variations d’une année sur l’autre, la NOAA ergote maintenant sur les variations mensuelles.

Pourtant, en nous basant sur les données fournies par la NOAA elle même,  il est possible de vérifier la réalité du plateau des températures depuis 1998 avec une tendance de +0,05 ° sur 10 ans (c’est à dire l’épaisseur du trait des mesures signalée par Edouard Bard).

 

noaa-temp-trend-2014

 Source : http://www.ncdc.noaa.gov/cag/time-series/global

Notons que la NOAA utilise une source de données faisant apparaître des anomalies de températures plus importantes que les données satellitaires.

Les données satellitaires RSS (Remote sensing system) sur la période 1998-2014 montrent une tendance à la diminution (-0,043 °C par décade).

Roy Spencer (1) : Why 2014 won’t Be the Warmest Year on Record !

Dans un article du 24 octobre de son blog, Roy Spencer affirme :

Je prétends que 2014 ne sera pas l’année la plus chaude jamais enregistrée.

Seuls les satellites sont capables de mesurer quotidiennement chaque Km3, voire chaque Inch3, de la basse atmosphère dans des zones de centaines voire de milliers de Km2 où l’on ne trouvera pas un thermomètre.

Les 2 sources de données satellitaires UAH (dont Roy Spencer est responsable) et RSS (Remote Sensing Systems)  prévoient une année 2014 en dessous de 2010.

Spencer-Yearly-global-LT-UAH-RSS-thru-Sept-2014

  Version 5.6 global average lower tropospheric temperature (LT) anomaly for October, 2014 is +0.37 deg. C

Roy Spencer conclut son article ainsi :

Pourquoi les données des thermomètres de surface sont-elle utilisés de préférence aux données satellitaires ? parce qu’elles confortent la thèse du réchauffement planétaire.
(1) : Roy Spencer : Université de l’Alabama (Huntsville) est un des principaux responsables du programme satellite de la NASA (Advanced Microwave Scanning Radiometer (AMSR-E). Il est connu pour ses travaux sur les relevés de température par satellite pour lequel il a reçu « the American Meteorological Society’s Special Award»

Post-Scriptum :

Comme le disait l’économiste britannique Ronald Coase (Prix Nobel 1991),  « Si vous torturez les chiffres assez longtemps, ils finiront par vous avouer n’importe quoi » (« If you torture the data long enough, it will confess to anything »).

« Thera are lies, damned lies, and statistics » (aphorisme attribué à Mark Twain et/ou à Benjamin Disraeli)

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