Comment s’élabore un résumé du GIEC pour décideur

Valérie Masson-Delmotte (directrice de recherche au CEA, responsable de l’équipe « Dynamique et archives du climat ») explique comment s’élabore un rapport pour décideur du GIEC

L’enjeu était de se mettre autour de la table pour approuver, mot par mot, « le résumé pour décideurs »  par l’assemblée des délégués des différents pays. Ce résumé d’une trentaine de pages est épuré des figures (graphes, cartes, etc.), mais reste technique. Il s’agit d’aller à l’essentiel. Chaque mot ayant un impact, ils doivent être choisis avec précision. Le document doit ensuite servir de base scientifique commune entre les pays (pour aider à la décision politique).

Obtenir l’adhésion  « mot par mot «  du résumé pour décideurs par l’assemblée des délégués des différents pays : est-ce vraiment rassurant ?

Question du journaliste : « N’y a-t-il pas une tentation pour le personnel politique d’influencer le résultat des recherches des scientifiques ? »

Réponse de Valérie Masson-Delmotte :

Cette phase donne effectivement lieu à des échanges intéressants, car l’agenda politique de chaque pays n’est pas le même. Ce n’est pas une censure, c’est d’abord un travail de décodage : ce que l’on dit est-il bien compris par les politiques, et vice-versa ? Le consensus sur ce résumé ne porte donc pas sur nos résultats, mais sur la manière de dire les choses. Même s’il est vrai que certains aimeraient atténuer le constat, mettre en avant les incertitudes, alors que d’autres mettraient bien sous le tapis les aspects qui rappellent la complexité du système climatique.

« des échanges intéressants, qui ne sont pas une censure mais un travail de décodage » , bel exercice de langue de bois que ce salmigondis !

Sur place, j’ai été frappée de voir s’exprimer un monde très multipolaire. Nous, scientifiques, travaillons sur le climat de la planète, mais eux représentent la planète humaine. Le fait que le document soit approuvé par des pays aussi différents que l’Allemagne, l’Arabie saoudite, le Brésil et la Chine est un véritable atout pour les discussions entre États.

« mettre d’accord l’Allemagne, l’Arabie saoudite, le Brésil et la Chine sur un texte » . La science  a t-elle quelque chose à voir dans ce consensus ?

 

 

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