Le CERN apporte de nouveaux éléments sur le changement climatique

L’expérience CLOUD (Cosmics Leaving Outdoor Droplets) en français Rayons cosmiques produisant des gouttelettes extérieures) exploite une chambre à brouillard alimentée par le synchrotron à protons du CERN pour étudier un lien possible entre les rayons cosmiques galactiques et la formation des nuages.

Les rayons cosmiques sont des particules chargées qui bombardent l’atmosphère de la Terre depuis l’espace extra-atmosphérique. Des études menées par le scientifique Henri Svensmark (du Centre Spatial National Danois) suggèrent qu’ils pourraient exercer une influence sur l’épaisseur de la couverture nuageuse par la formation de nouveaux aérosols (minuscules particules en suspension dans l’air qui constituent le germe des gouttelettes des nuages).

Les nuages exercent une forte influence sur l’équilibre énergétique de la Terre; des changements d’à peine quelques pour-cent ont une incidence considérable sur le climat.

Les résultats pourraient ainsi considérablement modifier notre compréhension des nuages et du climat.

Dans un communiqué du 16 mai 2014, Jasper Kirkby, porte-parole de CLOUD :

« C’est un résultat très important, car il identifie un ingrédient clé responsable de la formation de nouvelles particules d’aérosol dans une grande partie de l’atmosphère. Or les aérosols, avec leur influence sur les nuages, ont été reconnus par le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat comme la plus grande source d’incertitude dans les modèles climatiques actuels. »

Ces résultats ont du être assez probants pour que Rolf-Dieter Heuer, le directeur général du CERN  fasse la déclaration suivante :

« J’ai demandé à mes collègues du CERN de présenter leurs résultats clairement, mais de ne pas les interpréter [sic]. Cela pour éviter d’entrer dans l’arène hautement politique du débat sur les changements climatiques. Il doit être clair que les rayons cosmiques ne sont qu’un des paramètres. »

Retour en 2010 :

En 2010, la chaîne ARTE avait courageusement programmé un film intitulé « Le secret des nuages », relatant les travaux de H. Svensmark et de l’expérimentation en cours au CERN.

Le site d’ARTE annonçait l’émission avec la présentation suivante :

Et si le réchauffement climatique n’était pas le seul fait de l’homme ? C’est la question que cherche actuellement à éclaircir un groupe de scientifiques du CERN (Organisation européenne pour la recherche nucléaire), après avoir lancé le projet expérimental CLOUD (Cosmics Leaving Outdoor Droplets). Les scientifiques engagés dans ce projet ont abordé, dans le cadre de leurs travaux sur la formation des nuages, l’hypothèse du danois Henrik Svensmark. A terme, ils pourraient ainsi confirmer ou infirmer la thèse avancée par l’astrophysicien depuis les années 1990, selon laquelle l’activité du soleil ainsi que les rayonnements cosmiques auraient une influence sur la formation des nuages, et, indirectement, sur l’évolution des températures.

Avril 2014

J’ai récemment cherché à retrouver le film sur le site ARTE. Le film n’est plus visualisable, ce qui est probablement normal ; en revanche le texte de présentation de l’émission (mise à jour le 23 avril 2014) a fait l’objet d’une révision sévère :

En moyenne, plus de la moitié de l’atmosphère est recouverte par des nuages. Ceux-ci pèsent plusieurs centaines de tonnes, même s’ils semblent flotter en apesanteur dans le ciel. S’il existe une grande variété de nuages, quelques-uns se formeraient suite à certaines activités humaines – le trafic aérien, notamment. L’un des plus gros défis posés aux chercheurs de demain sera de découvrir si les nuages anthropiques, c’est-à-dire causés par l’homme, provoqueront plutôt un réchauffement ou un refroidissement du climat. Quelle influence ces géants de la nature peuvent-ils avoir sur notre climat ?

Pour être plus « climatologiquement correcte », cette présentation me paraît assez éloignée des conclusions du CERN qui n’évoque pas le transport aérien mais des amines (vapeurs atmosphériques émises aussi bien par des activités humaines telles que l’élevage que par des sources naturelles), et surtout des vapeurs biogènes émises par les arbres et oxydées dans l’atmosphère (qui donnent aux forêts, vues de loin, leur halo bleu caractéristique) qui en se combinant avec de l’acide sulfurique suffisent à former des particules d’aérosols extrêmement stables dans des proportions importantes, jouent donc un rôle important dans la formation des nuages et contribuent ainsi au refroidissement de la planète.

Ici le lien vers le film « le secret des nuages »

Ici le lien vers le communiqué de presse du CERN

Ici le lien vers l’article en libre accès dans la revue Science

 

 

 

 

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